Présidentielle ivoirienne: les frondeurs n’iront pas au congrès du PDCI

pdciEn Côte d’Ivoire, les quatre contestataires du PDCI (parti au pouvoir) qui refusent de soutenir Alassane Ouattara dès le premier tour de l’élection présidentielle ont tenu une conférence de presse, ce jeudi 26 février, à Abidjan. Ils refusent « l’appel de Daoukro » lancé par le président du PDCI, Henri Konan Bédié, et qui – contre toute attente – renonce à présenter un candidat pour la prochaine présidentielle pour se rallier, dès le premier tour, au RDR d’Alassane Ouattara. Et donc, ça grogne dans les rangs du PDCI. Quatre de ses cadres refusent de participer au congrès extraordinaire de samedi prochain, censé entériner cette décision.

Pendant deux jours devant une foule de journalistes et également de nombreux sympathisants, les quatre cadres du PDCI ont affirmé ce dont tout le monde se doutait quant à leur participation au prochain congrès extraordinaire du parti. Un congrès visant à valider l’« appel de Daoukro ».

« Nous croyons que ‘l’appel de Daoukro’ est un appel qui ressemble à un diktat parce qu’émanant de quelqu’un qui un jour est tombé dans les pratiques autocratiques. C’est cela qui nous a révoltés. S’il y a rébellion, s’il y a une fronde, il faut être bien clair et précis pour dire que c’est monsieur Bédié et ceux qui le cautionnent qui sont, en réalité, les frondeurs », a souligné le député Jérôme Kablan Brou.

Dans ce contexte, pour Essy Amara, ex-ministre des Affaires étrangères, il n’est pas question d’aller cautionner, par sa présence, le congrès de samedi. « Non, nous n’y serons pas. Et je crois que, sincèrement, 90 % des militants du PDCI sont sur cette voie. Vous savez, les victoires à la Pyrrhus, cela ne consolide rien », a précisé l’ex-ministre des Affaires étrangères.

Charles Konan Banny, autre candidat à la candidature pour la présidentielle d’octobre 2015, considère lui aussi qu’il n’a rien à y faire. « Tout est bouclé. Tout est verrouillé. Il n’y a plus rien à voir, circulez. Donc, le congrès extraordinaire de demain, nous n’avons rien à y voir puisque nous ne sommes pas d’accord. . Dans ce cas, qu’allons-nous y faire ? », a estimé, pour sa part, Charles Konan Banny.

Après ses ainés, Kouadio Konan Bertin explique son refus de ce congrès, joué d’avance, et qu’il qualifie de « congrès PDCI-RDR », c’est-à-dire RDR comme le parti d’Alassane Ouattara et non pas   « PDCI-RDA », c’est-à-dire un RDA fondé par Félix Houphoët-Boigny.
avec rfi.fr

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