Chemin de fer Côté d’ivoire-Burkina : Quand Bolloré freine Frank Timis

Sitarail, la filiale commune du groupe Bolloré Africa Logistics (BAL) et des États ivoirien et burkinabè, est aussi dans le viseur de Frank Timis. Ce dernier avait réussi début 2014 à convaincre les deux exécutifs de lui confier le projet de réhabilitation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya, actuellement géré par Sitarail, de même que son extension jusqu’à la mine de Tambao. Objectif de Timis : sécuriser l’acheminement de son minerai de manganèse jusqu’au port d’Abidjan. Pour la réalisation de ces infrastructures, Timis compte, comme il l’a fait en Sierra Leone, sur ses alliés chinois, et en particulier sur China Railways Group (CRG), qui avait construit la voie ferrée pour sa mine de Tonkolili en échange d’une partie de la production de fer. Un principe qui pourrait être appliqué pour le manganèse de Tambao ou le fer du mont Klahoyo…

Mais Vincent Bolloré en personne a débarqué fin avril 2014 à Abidjan pour obtenir que la réhabilitation et la gestion de la voie ferrée Abidjan-Kaya lui restent acquises. « Timis n’a toujours pas renoncé au projet de chemin de fer. Désormais, il s’appuie sur le gouvernement burkinabè pour nous contraindre à lui faire une place », confie cependant un haut cadre de BAL à Abidjan. À Ouagadougou, Timis peut en effet se prévaloir de sérieux soutiens, à commencer par François Compaoré, conseiller économique à la présidence et frère cadet du président Blaise Compaoré, et par le Premier ministre, Luc-Adolphe Tiao. Le « Gusher » a plus d’un tour dans son sac pour parvenir à ses fins.

Avec JA

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