France : Macron veut transformer l’économie française

Emmanuel Macron, vainqueur de l’élection présidentielle française, a placé l’économie au cœur de son programme. Le président élu a annoncé une série de réformes touchant aux finances publiques et aux entreprises. Retour sur les principaux chantiers et défis du quinquennat.

 

Les maux de la France sont connus : un chômage de masse depuis des décennies et une dette publique de plus en plus lourde. Elle représente aujourd’hui l’équivalent du produit intérieur brut (PIB). Cette dette et le déficit permanent des comptes publics laissent peu de marge de manœuvre au nouveau président.

En revanche Emmanuel Macron bénéficie d’une dynamique de croissance, ce que François Hollande a attendu en vain pendant cinq ans. En ce début d’année, la croissance se manifeste de façon vigoureuse dans toute l’Europe, et donc aussi en France. Il n’y a pas non plus de quoi s’extasier pour l’Hexagone : 1,5% de croissance est attendu en 2017, c’est encore anémique, à l’image des années précédentes.

Sur le front de l’emploi les données sont plus difficiles à interpréter. La tendance à la baisse du chômage est portée par d’importantes créations d’emploi attendues en 2017. On parle de deux millions d’offres nouvelles cette année.

Mais les derniers chiffres de Pôle emploi sont mauvais : le nombre sans emploi a progressé le mois dernier. Le taux de chômage est de 9,7 %, plus de un million de nouveaux chômeurs sont apparus pendant le quinquennat de François Hollande.

La modernisation de l’économie, priorité du quinquennat

Pour sortir du chômage de masse, Emmanuel Macron entend coupler une politique de l’offre à plus de « flexisécurité » pour les demandeurs d’emploi.

Dans l’entreprise, il va pérenniser le CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi), alléger, simplifier le dialogue social en donnant la primauté aux accords d’entreprise sur les accords nationaux, pour la définition du temps de travail, mais aussi pour l’évolution des salaires.

Il veut aussi fusionner les différentes instances des représentants syndicaux et plafonner les indemnités prudhommales en cas de licenciement sans cause réelle. Des réformes qui devraient être menées dès cet automne via des ordonnances.

L’assurance chômage sera revue de fond en comble, ouverte à un plus grand nombre, notamment aux indépendants. En contrepartie, les inscrits auront des devoirs accrus et ils seront exposés à plus de contrôles.

Il y aura davantage de formation. Sur son plan d’investissement de 50 milliards d’euros étalé sur cinq ans, il entend consacrer 15 milliards à la formation. C’est dire l’importance qu’il accorde à ce volet de la lutte contre le chômage.

Le défi sera de mener des réformes de grande ampleur, dans un contexte social tendu. D’abord parce qu’il y a une vraie fracture : les 11 millions d’électeurs qui ont voté pour Marine Le Pen, ajoutés aux 15 millions qui se sont abstenus ou qui ont voté blanc ne veulent pas de ces réformes libérales. Pas plus que les syndicats, qui voient leurs prérogatives disparaître dans les projets d’Emmanuel Macron.

Maîtrise des dépenses publiques

Il a promis un certain nombre de coups de pouce pour le pouvoir d’achat – réduction des cotisations sociales, financées par la hausse de la CSG, le doublement de la prime d’activité, la suppression de la taxe d’habitation -, mais il n’y aura pas de coup de barre violent dans les dépenses.

C’est pourquoi, contrairement aux autres présidents, il ne fera pas adopter une loi de finances rectificatives dans les prochaines semaines. Il prévoit de réaliser 60 milliards d’euros d’économie sur cinq ans. Notamment en supprimant des emplois publics. Pour éviter de compromettre la reprise, il suivra une trajectoire très progressive de réduction des déficits publics.

Avec rfi.fr

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