Mali: échanges de tirs à Nara, à la frontière avec la Mauritanie

Tout a commencé tôt samedi matin. Le ciel commence à peine à blanchir au dessus des maisons de Nara quand des coups de feu trouent le silence. Des véhicules tout terrain et des motos chargées de combattants armés sont aperçus. Le groupe se divise en deux. Un premier part vers le camp militaire, un second sillone la ville, située à 380 km au nord de la capitale Bamako et à une trentaine de kilomètres de la frontière mauritanienne où se trouve ce camp d’Ould Issa.

Il semblerait que certains de ces hommes armés étaient infiltrés depuis quelques jours dans Nara. Ils se sont tout de suite dirigés vers le camp militaire de Ould Issa, situé à l’ouest de Nara. Des coups de feu ont été entendus ; l’armée malienne a riposté et, tout au long de la matinée, des témoins ont entendu des détonations d’armes lourdes.

Selon des témoins, les assaillants ont déambulé vers le centre de la ville en criant « Allah akbar ! » (Dieu est le plus grand). « J’ai vu des gens enturbannés. Certains avaient la peau noire ; d’autres la peau blanche », dit un habitant de Nara. Les combats vont durer plus de quatre heures. L’armée malienne finit par repousser l’attaque. Pour ce fonctionnaire de Nara, il n’y a aucun doute, les assaillants sont des membres d’Aqmi : « Ce sont des gens d’Aqmi, vu leur habillement : boubou, turban blanc. On en a vu deux passer dans notre rue, ici. Ils étaient armés, ils marchaient gaillardement avec leur fusil. Quand ils croisaient des gens, ils disaient à certains de lever la main pour dire « Allah Akhbar ». »

Les tirs étaient certes concentrés à l’ouest de la ville, mais un ancien élu de la localité qui habite à l’est de Nara, a déclaré à RFI qu’une balle perdue était tombée dans sa maison sans faire de victimes. A la mi-journée, on entendait toujours des tirs sporadiques, dans la périphérie de la ville de Nara. Il faudra attendre un peu avant de parler de la maîtrise totale de la situation par l’armée malienne.

avec rfi

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