Menace de grève du Grand cadre: Le SADEF se démarque de Dianté et Cie

En tout cas le vent de probables mouvements d’humeurs qui souffle au niveau du Grand cadre dans les prochains jours ou semaines, n’emballera pas toutes les organisations syndicales de l’école sénégalaise. Le Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation (Sadef) ne trouve pas pour le moment opportun d’adhérer au plan d’action que comptent dérouler Mamadou Lamine Dianté et camarades du Grand cadre. Mbaye Sarr, le Secrétaire général du Sadef, a tenu à préciser leur position lors de leur premier congré constitutif. «Notre organisation syndicale s’oriente vers d’autres objectifs parce que nous n’avons que dix mois d’existence. Nous avons été en lutte parce que pendant les dix mois nos militants dans les différents départements respectifs étaient effectivement engagés dans cette voie de lutte. Mais comme vous le savez cela a produit cela que cela a produit. Et aujourd’hui c’est un regret, un sentiment de dégoût que beaucoup d’enseignants ont vécu. C’est pourquoi nous notre organisation syndicale va s’orienter dans une nouvelle dynamique une nouvelle perspective qui consiste à travailler en sorte que d’abord l’école publique sénégalaise puisse retrouver son lustre d’antan», expliquera-t-il le motif du Sadef de se désolidariser avec le Grand cadre.
La revendication autrement  
Cependant, M. Sarr rappellera que « cela n’épargne pas dans l’avenir d’aller en grève parce que nous n’allons jamais quitter le champ de la revendication ». Mieux renseignera le Secrétaire général du Sadef, « le sens même d’une organisation syndicale c’est de porter en bandoulière les préoccupations de ses militants ».
Reconnaissant la floraison de syndicats dont le Sadef porté sous les fonds baptismaux il y a dix mois seulement, M. Sarr rassure que leur objectif est que leur structure soit «le leader déjà». Pour y arriver, l’ancien responsable du Sels porte à la connaissance de ses pairs que le Sadef est ouvert aux enseignants de la case des Tout-petits à l’université. «Tout enseignant qui se trouve dans cet espace est convié à devoir à prendre la carte de membre pour adhérer à notre organisation syndicale. Comme vous savez le champ est immense et nous avons beaucoup de choses à faire. Ce qui fait que nous ne pouvons pas s’engager sur plusieurs actions à la fois c’est pour cela nous avons décidé de planifier. Pour l’instant le dépôt de préavis d’aller en grève n’est pas nos cordes », a-t-fait savoir.
Pour ce qui est du thème: «La professionnalisation des enseignants au Sénégal dans un contexte de refondation de l’école: Enjeux et perspectives pour un système éducatif de qualité», le Sadef se veut un combat pour la « réhabilitation de la dignité de l’enseignant des valeurs du syndicalisme». A en croire M. Sarr, « le syndicalisme est mis ces dernières années dans de rudes empoignantes parce que simplement l’Etat et les syndicats étaient toujours en croisade».
La responsabilité de l’enseignant, un sacerdoce du Sadef
 Ces failles constatées en suffisance, soutient le patron du Sadef leur a poussé à «opérer une rupture et incarner une nouvelle philosophie par rapport à la ligne qu’ils vont adopter».
Privilégiant l’avenir de l’école sénégalaise, le Sadef entend aussi dans ses revendications défendre le système éducatif. «Nous allons faire des revendications qui sont objectifs parce que l’école publique sénégalais est aujourd’hui en situation. Tant que enseignant nous avons le devoir de sauver l’école parce que c’est notre outil de travail. Nous avons une double responsabilité. Nous avons une responsabilité professionnelle parce que c’est cette responsable qui fait que nous existons en tant enseignant et cette même professionnelle qui nous permet d’évoluer et d’incarner les actions syndicales. Et cette responsabilité aujourd’hui on doit la sauvegarder. Et l’autre c’est la responsabilité citoyenne. Nous sommes des fils et des filles de ce pays. Notre outil de travail est rudement mis en situation », défendra-t-il la position du Sadef.
Invitant les enseignants à sauver l’école publique sénégalaise, M. Sarr révèle que «  il y a une privatisation rampante et tacite de cette école. On constate que chaque année dans nos villes respectives naissent et créent des écoles privées de la case des tout-petits jusqu’à l’université ». « L’Etat regarde sans rien faire. La situation est là ! Et si on n’y prend garde d’ici quelques années le nombre d’établissements du privé risque de dépasser celui du public », a prédit le Secrétaire général du jeune syndicat Sadef.

Souleymane SANE lateranga

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