OUMAR YOUM DESSINE LES GRANDES LIGNES DE LA RÉFORME DES TRANSPORTS TERRESTRES

 La loi d’orientation et d’organisation des transports terrestres, votée à l’assemblée nationale, prend en compte la rénovation du parc automobile, la formation et l’amélioration du statut des chauffeurs, tout comme la gestion des gares routières, a indiqué le ministre des Transports terrestres et des Désenclavement, Me Oumar Youm.
L’entrée en vigueur de cette loi sera effective après la signature d’un décret d’application par le président de la République, a-t-il dit jeudi au cours d’une rencontre avec les chauffeurs de la gare routière de Thiès. Le ministre des Transports terrestres et du Désenclavement présidait une cérémonie de remises de kits alimentaires à des chauffeurs de la gare routière de Thiès, impactés par la pandémie. A cette occasion, Oumar Youm est revenu sur les grandes lignes de cette réforme des transports terrestres, visant une modernisation des transports publics et dont la loi a été auparavant discutée avec les transporteurs, syndicalistes du secteur, les chauffeurs et les assureurs. Selon lui, cette loi est venue « moderniser les transports publics » du Sénégal qui sont « malades ».  Pour Oumar Youm, le « relâchement » dans l’organisation des transports publics favorise la concurrence déloyale des transports clandestins tant décriée.  Ce manque d’organisation dans un secteur pourtant pourvu de « liquidités », a comme corollaire les longs délais d’attente des usagers des transports publics, la vétusté du parc automobile, ainsi que l’insalubrité dans les gares routières souvent « transformées en marchés ». Auparavant, le vice-président du Regroupement des chauffeurs de Thiès Modou Mbacké Ndiaye s’était plaint de la concurrence déloyale que subiraient, de la part des « clandestins », les 1.600 véhicules « 7 places » assurant la liaison Dakar-Thiès.  Il avait aussi déploré le défaut d’éclairage de la gare de Thiès, dont les lampadaires ne sont plus fonctionnels depuis huit ans, dit-il, sans compter la vétusté des voitures de transport. « Le Sénégal ne doit plus être à l’ère où circule des +7 places+ d’avant indépendance », a réagi le ministre, qui a déploré le « retard » du pays en matière dans transport, comparé à des voisins de la sous-région. Pour financer le renouvellement du parc automobile, un Fonds de développement des transports terrestres, doté de 30 milliards de francs CFA par an, sera mis en place, a-t-il annoncé. Il sera alimenté par les frais versés par les transporteurs pour l’obtention des titres de transport – agrément et licence d’exploitation, gratuits à ce jour. Les usagers des transports en commun devront aussi contribuer à hauteur de « 10 à 15 francs » sur les tickets qu’ils payeront.  « Avec 30 milliards par an, sur cinq ans, ce fonds permettra de remplacer tout » le parc, a-t-il dit, notant qu’une « bonne marque » de voiture de 16 places a déjà été ciblée pour remplacer les « 7 places » dont les pièces devenues introuvables, « rafistolées ».  Pour faciliter le renouvellement du parc, les autorités comptent agir pour une réduction de la fiscalité sur les voitures de transport public. Le fonds sera mis à contribution pour plafonner à 4% les taux d’intérêt sur les véhicules achetés à crédit et supporter l’acompte demandé aux acquéreurs.