Sénégal-Eau-Interview de Niokhor Ndour directeur de la gestion et de la planification des ressources en eau (DGPRE) : « Avec le transfert de l’eau, le déficit noté dans certaines localités sera bientôt un vieux souvenir »

Ce 22 mars est fêté la journée mondiale de l’eau sous le thème « Eau et développement durable » pourquoi ce thème ?
Le thème « Eau et développement durable » choisi par la communauté internationale pour la journée mondiale de l’eau de cette année coïncide avec la fin des OMD et le début des négociations entre les autorités publiques et les bailleurs pour le démarrage d’un nouveau programme dénommé objectifs pour le développement durable (ODD).
Ces objectifs vont orienter les efforts qui seront faits dans le domaine de l’eau dans les 15 prochaines années afin de protéger et de développer les ressources en eau, tout en offrant des services de qualité en eau et en assainissement à toutes les populations.
Y a-t-il assez d’eau et l’accès est-il garantit ?
Par rapport à la ressource en eau, un récent bilan montre qu’il y en a assez au Sénégal, mais il reste le problème de la répartition, car dans certaines zones il y a un excès, là où dans d’autres on peut noter un déficit. C’est pourquoi le ministre de l’hydraulique et de l’assainissement a adopté une politique de transfert d’eau, qui consiste à desservir les zones déficitaires pour une meilleure équité et une bonne répartition de l’eau au niveau national.
Où en êtes-vous par rapport au projet des forages annoncés par le ministre au début de l’année ?
Le projet avance à grand pas et nous avons reçu des instructions pour mettre les bouchées doubles afin que cela puisse se réaliser dans les brefs délais. C’est pour cette raison d’ailleurs, que le ministère de l’hydraulique et de l’assainissement a mis en place un programme d’urgence, qui est en cours avec la mobilisation de tous les services intervenant dans ce secteur. Et tout dernièrement le ministre a effectué une tournée dans certains endroits pour s’enquérir de l’avancée des travaux et nous pouvons dire que d’ici quelques temps, le déficit noté dans certaines zones sera résolu.
Parlant de la planification, quels sont les grands projets de la direction ?
Actuellement nous sommes dans un monde où la pression sur la ressource est très importante et qu’il y a des problèmes de qualité par endroit, donc notre direction s’oriente vers une gestion durable des ressources en eau. Notamment en faisant des plans d’action de gestion intégrée de ressource en eau pour améliorer les connaissances sur l’eau et pour également mettre un cadre habilitant en faisant des réformes par rapport à la réglementation. Mais aussi en améliorant la planification des ressources en eau, avec une approche participative en impliquant tous les acteurs dans le cadre de la gestion de la ressource.
Pouvez revenir sur le projet Noto-Diosmone-Palmarin ?
Ce projet Noto-Diosmone-Palmarin géré actuellement par la direction de l’hydraulique et par l’office des forages ruraux, est un grand projet qui est conçu pour régler le problème d’accès en eau du point de vue quantitatif et qualitatif dans les zones de Diosmone et de Palmarin. Il consiste à transférer l’eau qui se trouve dans la localité de Noto où se situe le centre de captage vers Diosmone et Palmarin.
L’eau un liquide précieux, qui se raréfie d’année en année, quelle politique de sensibilisation avez-vous mis en place pour amener les populations à économiser cette denrée ?
Au sein de la direction nous sommes dans une approche de sensibilisation des populations pour une meilleure gestion de l’eau, c’est dans ce cadre que la direction a initié des ateliers avec les acteurs et est entrain de dérouler un plan de communication afin de sensibiliser les usagers et les décideurs pour une nouvelle approche de gestion des ressources en eau.
Quelles sont vos perspectives ?
Nous continuons toujours à faire des études, parce que c’est notre principal rôle, pour évaluer les potentialités du point de vue quantitatif et qualitatif de la ressource, le ministère se lance dans une politique de transfert d’eau des zones excédentaires vers les zones déficitaires. Nous sommes entrain de mettre en place des études stratégiques sur l’ensemble du territoire pour évaluer les potentialités, faire de la modélisation et mettre en place un système de suivi durable de ses ressources pour une réelle maitrise de l’eau en vue de garantir une durabilité dans tous nos investissements.
Quel rôle joue la police de l’eau ?
Souvent il y a des personnes qui forent un peu partout sans autorisation et sans aviser les autorités compétentes, en l’occurrence le ministère de l’hydraulique et de l’assainissement. La police de l’eau a pour rôle d’abord de sensibilisation et de vulgarisation des textes réglementaires, mais aussi nous voulons aller vers l’application des ces textes, car même si le phénomène n’a pas atteint un degré d’alerte inquiétant, il faut aller vers le respect de la réglementation, c’est ce qui nous manque souvent et dans ce sens le ministère est entrain de tout mettre en œuvre pour amener les gens à respecter le règlement.

BSN, echos-senegal.com

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